Sep 13, 2006
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Linux en avant garde sur le poste client ?

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Le système d’exploitation libre multiplie les efforts en matière d’interface graphique, de gestion des périphériques, d’automatisation de l’installation pour convaincre sur le terrain du poste client. Suffisant ?

Pour espérer percer sur le marché du poste client, les distributions Linux ont mis les bouchées doubles ces deux dernières années. Elles n’entendent plus seulement rattraper leur retard sur Windows ou Mac OS, mais bien parvenir à les prendre de vitesse sur certains domaines (virtualisation ou interface graphique notamment).

Très décriées pour leur gestion des périphériques USB, les distributions Linux pour postes clients ont, depuis la version 2.6 du noyau, fait de nombreux progrès dans ce domaine. Dans cette version, il est notamment possible de connaître l’état de l’ensemble des périphériques de la machine, d’exporter ses paramètres et de connaître les pilotes utilisés, ce qui facilite la tâche de l’administrateur.

La gestion des pilotes a toujours été difficile sous Linux. La majorité des constructeurs ne jurant que par les systèmes d’exploitations majoritaires, les distributions Linux sont souvent ignorées et les pilotes, protégés par le constructeur (dans le cas des cartes graphiques par exemple), ne peuvent alors pas être reproduits sous une forme libre.

Depuis la version 2.6.15 du noyau, la gestion des périphériques USB a donc été modifiée de manière à ce que les phases d’activation et d’arrêt soient supportées même si le pilote du périphérique en question ne le tolère pas. La dernière version du noyau Linux en cours de développement (la 2.6.18), améliorera encore la gestion de ces périphériques, notamment vis-à-vis des concentrateurs USB ou hub, permettant de multiplier la connectique USB des ordinateurs.

En matière d’interface graphique, les distributions adoptent massivement les librairies graphiques XGL, employées déjà dans la version 10 de SuSE Linux. Ce code introduit la gestion des environnements en 3 dimensions, à l’instar d’Apple ou de Microsoft, mais va également plus loin.

XGL défie Apple et Microsoft sur le terrain de la convivialité

Il gère ainsi : les effets de transparence, la rotation de l’environnement de travail à 360°, l’importation de fenêtres d’un bureau à un autre, l’exécution en parallèle de plusieurs programmes mais sur des fenêtres de travail différentes… Comme lors de la démonstration du produit Looking Glass de Sun, la gestion des effets 3D donne la possibilité à l’utilisateur d’ajouter des annotations au dos des fenêtres.

Outre l’aspect purement technique, cette nouveauté casse les idées reçues d’un système Linux toujours en retard graphiquement sur les produits concurrents. La première version stable de XGL ayant été publiée en juin dernier, la majorité des distributions orientées postes clients pourront l’adopter d’ici 2007-2008.

Autre point clé sur lequel travaille Linux : la procédure d’installation du système. Red Hat et son système d’installation par package RPM ayant posé les bases, la communauté cherche désormais à l’étendre et à créer une installation totalement automatisée à la souris et par paquets d’applications. C’est notamment ce qu’essaye de faire Mandriva avec son projet Mandriva One.

Disponible sous la forme d’un CD live ou en version pré-installée, l’option d’installation par paquets de Mandriva One sera vendue sous la forme d’un abonnement à l’utilisateur, au moins dans un premier temps. Elle est prévue pour la fin de l’année 2006. Avec cette procédure, sera disponible l’outil de télédistribution Pulse de manière automatiser l’installation de PC, Linux ou Windows, pour des parcs machines de plusieurs milliers de postes.

Sur le terrain de produits de télédistribution Linux, Novell et Red Hat proposent également leur propre outil. Dans le cas de Red Hat, il s’agit d’un produit uniquement disponible pour l’installation des distributions Red Hat, tandis que l’outil de Novell s’avère propriétaire.

La virtualisation au secours des projets de migration vers Linux ?

En matière de virtualisation, Linux prend encore les devants sur l’industrie et sort via Suse Linux Enterprise Server 10, un système d’exploitation pour postes clients intégrant la technologie de virtualisation Open Source Xen (lire l’article du 17/02/2005). La virtualisation autorise l’exécution de deux systèmes d’exploitations en parallèle, un procédé rassurant pour une société qui souhaite migrer vers Linux mais reste bloquée par quelques applications.

Red Hat Enterprise Linux 5, prévu pour la fin de l’année 2006, intégrera également le support de Xen au plus tard d’ici le début de l’année 2007. Reste que sur le produit Xen, les avis divergent. Red Hat ne jugeant pas le logiciel suffisamment mature pour être installé sur des centres de données critiques ou des calculateurs hautes performances, tandis que Novell estime le produit prêt.

Malgré ces axes d’améliorations, il reste deux obstacles de taille qu’il faudra surmonter pour Linux : le peu d’intérêt montré par les éditeurs de logiciels pour cette plate-forme dans sa version poste client, et le mode de distribution actuel des systèmes d’exploitations en France, où le programme est pré-installé dans les grands magasins ne favorisant pas le choix du consommateur.

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